Concours de nouvelles

Publié le par BERNARD michel- jean

J'ai envoyé sur le site short-edition.com une nouvelle pour participer au concours :confessions loufoques d'une bibliothécaire.

Je n'ai pas été sélectionné mais je suis quand même publié sur leur site au nom d'auteur papymb

.

Dans quel état j'erre

-J'ai du mal à croire ce qui m'arrive la nuit. Chaque nuit.

Pourtant, hier, la journée avait été calme et personne ne s'était intéressé à moi.

Cela changeait mes habitudes.

J'ai tellement de fans, d'admirateurs que j'en suis flattée et j'en deviendrais même insupportable.

Il faut dire que je fais souvent la couverture des magazines et je suis très attrayante, alors me faire effleurer par la foule m'est une chose commune et acceptée.

Toutes mes concurrentes, alignées à mes côtés, me semblaient de la poudre aux yeux qu'un petit courant d'air ne demanderait qu'à disperser comme autant de feuilles volantes.

Cependant, comme à chaque fois, je suis toujours étonné par l'inscription sibylline apposée sur leurs dos. Des chiffres mêlés à des lettres qui ne représentent rien pour moi.

Pensez-vous que ce soit une signification particulière, un message ? Possédé-je le même ?

- Continuez, c'est intéressant.

- Si vous les voyiez, tous, toute la journée, les enfants comme les adultes, toujours à m'interroger, me parcourir des yeux, me toucher, vous penseriez comme moi : à la longue ça fatigue. Non ?

-Certes, certes.

-Ce n'est pas que je me refuse à partager ma plastique, mon anatomie, mon savoir, car j'aime bien m'ouvrir aux autres, mais il y a des moments, convenez-en, où les préliminaires ennuient.

Le véritable inconvénient c'est qu'il y a un chef, ou plutôt une cheftaine, qui nous fait changer de place constamment et ça, j'ai du mal à le supporter :

-"Toutes en ligne ! et je ne veux en voir qu'une seule en tête ! "

Non, mais, pour qui elle se prend celle-là, pour décider de notre organisation. Surtout que bien souvent nous n'avons pas voix au chapitre, et elle est toujours là à nous seriner :

- "je ne veux pas entendre un mot plus haut que l'autre !"

Qu'en pensez-vous ?

- Trop tôt pour juger, poursuivez.

- Cette nuit, donc, comme toutes les nuits d'ailleurs, j'ai eu une mauvaise impression. Vous pourriez me dire de ne pas me frapper pour si peu, mais il me semble toujours sentir quelqu'un qui se tapit dans l'ombre, à une seule rangée de moi.

J'ai peur qu'il ne se saisisse de ma personne, comme il sait si bien le faire. Me griffant de ses ongles acérés. Tout à fait dénué de sensibilité. Me tournant et me retournant comme il le ferait d'une pauvre chose inanimée.

Il y a une marge entre me faire lacérer et câliner. Apparemment mon bourreau n'a pas compris la différence, ça ne fait pas un pli.

Je serais à l'article de la mort qu'il n'aurait pas plus d'égards pour moi.

Quelle différence entre la journée où je suis adulée par tous et la nuit où je ne peux même plus avoir mon jardin secret. Si j'étais un journal intime j'aurais, écrit sur ma première page :

"Cher journal : Le jour c'est OK , la nuit c'est le chaos."

-Amusant, vous arrivez quand même à faire de l'humour dans votre désespoir. Mais je pense que ce n'est pas fini, non ?

- Effectivement, j'aimerais bien tourner la page de cette histoire qui ressemble plus à un roman de gare qu'à une nouvelle à l'eau de rose et pourtant, je suis immobile, comme tétanisée par cette ombre qui se projette sur les murs froids de cette ...chambre ?

Dois-je prendre cette information de lieu au pied de la lettre ?

Je pourrais peut-être appeler la police ?

Non, j'agirais seule. Croyez moi, je ne manque pas de caractères et j'ai bien l'intention de ne pas me laisser faire.

Trop tard ! la main crochue et prédatrice va me happer, m'emmener, me déchiqueter, m'éparpiller, me démembrer !

-Et c'est là, Docteur, qu'immanquablement je me réveille, en criant "au secours", un livre à la main. Le livre que je lisais en me couchant, emprunté à la bibliothèque où je travaille.

-Très significatif, ce transfert, Madame.

-Ai-je une chance de ne plus faire ce cauchemar, Docteur ?

-Je pencherais pour une culpabilité refoulée, un syndrome de la tâche mal accomplie. N'avez-vous jamais envisagé un autre classement dans votre bibliothèque ?

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Publié dans nouvelles

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